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Pas d'IA : un portrait numérique dessiné à la main, trait après trait

Pas d'IA : un portrait numérique dessiné à la main, trait après trait

Le mot « numérique » éveille aujourd'hui un soupçon légitime. Devant un écran, rien ne dit si une main a construit l'image ou si un générateur l'a produite en quelques secondes. Disons-le d'emblée : un portrait numérique dessiné à la main est entièrement exécuté à la main, sur une planche à dessin, avec des pinceaux numériques. Je travaille sur la tablette graphique WACOM. À la main signifie qu'aucune étape ne décrit un visage par des mots pour qu'une machine le dessine.

À côté des autres techniques que je pratique, le numérique est un champ très jeune, et la confusion vient peut-être de là. Qui a l'habitude de l'huile sur toile sait ce qui s'est tenu derrière le tableau ; un écran ne rend aucun compte de lui-même. La demande croît pourtant, et pour le portrait en particulier. Cette distinction n'est pas affaire de goût. Ni d'esthétique.

En janvier 2023 j'écrivais ici sur l'art à l'âge de l'IA, en décrivant le générateur tel qu'il fonctionne : on met l'image en mots, et le logiciel rend quelque chose qui répond à la consigne. Celui qui pilote l'algorithme trie ce qui revient et garde ce qui servira, une sorte de travail de curateur. Mon nom pour cela était « un artiste qui ne crée pas » : une idée atteint sa forme achevée sans geste intermédiaire.

Ce même article posait une question sans réponse : à qui appartient une œuvre qu'une IA a créée ? L'avenir était incertain, écrivais-je, et personne ne pouvait le prédire. Janvier 2025 a apporté une réponse institutionnelle. Le Bureau du droit d'auteur des États-Unis a publié la deuxième partie de son rapport sur le droit d'auteur et l'intelligence artificielle, consacrée aux productions issues d'une IA générative.

Sa conclusion tient en peu de mots. Le droit d'auteur ne couvre pas une production entièrement générée par IA, ni celle où le contrôle humain sur les éléments expressifs reste insuffisant. Avec la technologie couramment disponible aujourd'hui, précise-t-il, les consignes textuelles seules ne procurent pas un tel contrôle. Le droit existant tranche, sans modification législative. Pour qui commande un portrait en cadeau, ce n'est pas théorique.

Un cas précis y a déjà été tranché. En février 2023, le Bureau a notifié à l'autrice du roman graphique Zarya of the Dawn qu'elle est l'autrice du texte, ainsi que de la sélection, de la coordination et de l'agencement des éléments, protégés à ce titre. Des images mêmes, produites par la technologie Midjourney, il a écrit qu'aucune paternité humaine ne se tient derrière elles. Son enregistrement a été annulé, puis réémis pour sa seule matière expressive.

Rien dans le rapport ne rejette l'outil. Employer l'IA pour assister la créativité humaine plutôt que s'y substituer, énonce-t-il expressément, laisse la protection intacte. Introduisez une œuvre protégée qui vous appartient et qui reste perceptible dans le résultat, vous en êtes l'auteur pour cette part. Moi non plus je ne rejette pas l'outil. Cet article de 2023 rappelait la photographie, écartée de l'art au XIXe siècle parce qu'une machine faisait le plus gros, puis genre établi un siècle après. Ces générateurs se tiennent à côté du travail de l'artiste, non à sa place.

Il ne manque pas là de capacité. De l'intelligence artificielle j'écrivais alors qu'elle n'est « qu'une action mécanique, sans filtres ». Une image captivante sort parfois de l'algorithme, mais d'un espace créatif stérile, coupé de tout contexte social. Des chercheurs tiennent qu'aucune œuvre ne se comprend sans connaître celui qui l'a faite. J'écrivais ce que je pense encore : « personne ne se tient derrière elle ».

Venons-en au côté pratique. Mon travail achevé, le portrait est expédié sous forme de fichier numérique de haute qualité, prêt pour l'impression sur toile, sur papier, sur un T-shirt, sur un mug et sur presque tout le reste. Un seul fichier donne des tirages à toutes les dimensions. Ma galerie montre des portraits commandés pour un collègue, pour un rabbin, pour un enseignant, un faire-part de mariage, un portrait de couple numérique imprimé sur bâche pour une demande en mariage, et un portrait de famille devenu carte de vœux.

Cette technique ouvre une infinité de nuances et de styles, du réaliste à l'abstrait et au graphique, dédicace comprise. Le portrait peut serrer la ressemblance au plus près ; il peut pencher vers l'illustratif, moins ressemblant et plus artistique. Au bout de l'échelle se tient l'illustration graphique, réduite au minimalisme, proche d'une caricature qui dégage les traits portant le visage. Cela se voit mieux que cela ne se lit.

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Tout commence par une photo, comme dans toute autre technique : de préférence flatteuse, de bonne taille et nette, dont les détails sont bien visibles. Qui hésite peut me consulter, et des questions et réponses sur la peinture de portraits attendent aussi sur le site. Le travail terminé, je vous envoie une version du portrait, et vous pourrez alors demander des ajustements et des corrections.

Parmi mes techniques, le numérique en est une : l'huile sur toile, l'aquarelle sur papier, le dessin au crayon, au fusain ou à l'encre. Ce qui le distingue, c'est qu'un fichier change de mains. De là l'impression et le tirage, et un portrait qui se pose sur plus d'un objet.

Qui commande un portrait numérique n'achète pas une production. Titulaire d'un M.A. en histoire de l'art, je peins selon les principes classiques. Le fichier qui vous parviendra fut construit trait après trait, non formulé dans une consigne. De l'intelligence humaine, dessinée à la main.

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